L’École nationale supérieure de la photographie est fondée à Arles en 1982, neuf ans après la création du festival international de la photographie, aujourd’hui Les Rencontres d’Arles, par Lucien Clergue, Maryse Cordesse et Alain Desvergnes. Ils s’entendent alors pour créer un lieu d’étude et formation, de niveau universitaire, autour de la pratique de la photographie et ses implications techniques, esthétiques, culturelles et sociales.

Pendant près de 40 ans, de 1982 à 2019, l’école a investi l’un des plus beaux hôtels particuliers d’Arles, l’Hôtel Quiqueran de Beaujeu au 16 rue des Arènes, dont  l’ancienne chapelle servait de galerie aux étudiants, la Galerie Arena.

En 2019, un nouveau bâtiment de 5000m2, pensé tout en transparence et en ouverture vers le public, dessiné par l’architecte Marc Barani, a été inauguré et pleinement occupé par les étudiant.e.s et les équipes à l’aube de l’année 2020.

Le premier étage, en rez-de-boulevard, est ouvert au public, avec son auditorium de 185 places et ses 450 m2 de salle d’exposition.

L’étage intermédiaire, plus intime, s’organise autour d’un patio gradiné, et héberge des espaces où se côtoient les étudiant.e.s et le public extérieur, avec trois salles de monstration des travaux des étudiant.e.s , la bibliothèque et ses 30 000 volumes ainsi que les espaces dédiés à la Formation continue, et au Fablab.

Enfin, l’étage inférieur, en rez-de-jardin, abrite l’essentiel des espaces pédagogiques avec les laboratoires de photographie couleur comme noir et blanc, argentique comme numérique, des salles d’infographie, de video et de son, ainsi que trois studios de prise de vue. L’école est l’un des derniers établissements – peut-être le dernier – à poursuivre la pratique des procédés anciens aux côtés des pratiques photographiques et audiovisuelles les plus contemporaines.

« À la verticalité vibrante du projet de Gehry, répond l’horizontalité tendue de l’école. Sa toiture soulevée par quatre blocs de béton flotte au-dessus du parvis, laisse filer le regard jusqu’à la chapelle des Mouleyrès, assure la continuité urbaine. L’école est à la fois, linéaire et extravertie, compacte et introvertie. Extravertie, elle s’ouvre sur l’espace public, égraine salle de conférence, fabLab et salles d’exposition le long du parvis, incite le public à franchir ses portes. Introvertie, elle regroupe enseignement et recherche autour d’un patio pour favoriser concentration et échanges. Le passage des lieux tous publics aux lieux exclusivement dédiés à l’enseignement, se fait graduellement sur trois niveaux depuis le sol de la ville, jusqu’à celui du parc. Au centre du bâtiment, le foyer se prolonge dans le patio, par un amphithéâtre formant une agrafe en forme de brèche, une respiration pour des usages non programmés.
L’école a été conçue comme un habitat flexible et évolutif. »

Marc Barani

Les financements:

Le coût global de la construction du bâtiment a été de 22 270 000 d’euros, dont:

› 16 520 000 d’euros du Ministère de la Culture

› 4 750 000 d’euros alloué par le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’azur

› 1 000 000  d’euros provenant de la communauté d’Agglomération ACCM (Arles Crau Camargue Montagnette)

› Le terrain est rétrocédé par la ville d’Arles pour un euro symbolique

Les surfaces:

› 5000m2 de surface totale

› 1 plateau d’exposition de 450m2

› Un auditorium de 185 places

› Un amphithéâtre extérieur

› Un Fablab de 65m2

› Plus de 500m2 de patios, jardins et galeries extérieures

› Des espaces de travail pour accueillir artistes et chercheurs en résidence pédagogique

› Une bibliothèque de 30 000 ouvrages

› 3 studios de prise de vue

Ce projet répond à des normes de haute qualité environnementale avec :

› La mise en place de 200 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture,
› La création d’un puits provençal (réseau d’air frais provenant du sous-sol) pour rafraîchir les salles de cours à température plus ou moins constante.

Le 1 % artistique

Le 1% artistique est une procédure spécifique de commande d’œuvres à des artistes qui s’impose à l’État, à ses établissements publics et aux collectivités territoriales dans le cadre d’une construction nouvelle.

Dans ce contexte, en 2018, le projet “Éblouir”, porté par les artistes Raphaël Dallaporta et Pierre Nouvel a été sélectionné. Installée sur la toiture basse au dessus du patio du bâtiment, l’œuvre s’inscrit au cœur de la pratique commune des deux artistes, attentifs à établir, au sein du collectif Factoid et en dialogue avec des chercheurs, une cohésion insolite entre histoire, sciences, arts et techniques. L’installation repose sur la maîtrise par le calcul du phénomène des caustiques, la façon dont la lumière se reflète sur une surface. Les calculs ont été confiés à la société suisse Rayform, spin-off de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Cette sculpture miroir interagit avec le soleil, et les mouvements de rotation de la terre créant un jeu périodique de clarté entre les mots.

Ici figuré par l’anagramme du mot “Éblouir” qui face au soleil produit l’image éphémère dans l’ombre du mot “Oublier”.