Sur la frontière du temps, Une relève méditerranéenne
Exposition hors les murs
Doctorant de l’ENSP Francesco Canova participe à l’exposition Sur la frontière du temps, Une relève méditerranéenne, réunissant seize artistes issus des écoles des Beaux-Arts du Maroc, d’Algérie, du Liban et du sud de la France. Commissariée par Soukaina Aboulaoula et produite dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, l’exposition explore la mémoire, le mouvement et les seuils à travers une pluralité de disciplines et de regards.
Sur la frontière du temps
عن و على حدود الزمن
On the Border of Time
Une relève méditerranéenne
Vernissage le 20 mai, 17h
La Friche la Belle de Mai
La Tour, 5e étage, 41 rue Jobin, 13003 Marseille
Sur la frontière du temps, Une relève méditerranéenne réunit seize artistes issu·es des écoles des Beaux-Arts du Maroc, d’Algérie, du Liban et du sud de la France. A travers une pluralité de disciplines, leurs pratiques s’énoncent en regard de la Méditerranée — comme un lieu d’énonciation qui informe leurs préoccupations et depuis lequel ils agissent.
Le couple en titre instaure une double perspective, à la fois contextuelle et conceptuelle. Si Une relève méditerranéenne désigne une génération et une géographie, Sur la frontière du temps convoque une expression de Michel Foucault dans L’Archéologie du savoir pour décrire un seuil où la continuité s’interrompt : un espace à la fois proche et lointain. Les œuvres surgissent de cette condition, entre un passé qui s’actualise sous des formes fragmentaires ou mouvantes, un présent-future traversé par des forces qui le dépassent. La Méditerranée, souvent fantasmée comme un ensemble monolithique, devient ici le lieu d’une négociation temporelle et spatiale. Ses eaux, ses flux et ses strates mémorielles ne sont pas des sujets de représentation ; ils sont des interlocuteurs.
Tout au long de l’exposition, les thématiques du mouvement et du seuil reviennent en écho : états d’entre-deux, héritage et métamorphose de la mémoire, intrication de l’histoire et du mythe, ou encore place du vivant non-humain au sein de ces récits. Chaque œuvre s’affirme comme un événement singulier, ancré dans ses propres nécessités. L’exposition procède ainsi d’une logique de la rencontre plutôt que du groupement, résistant à l’injonction d’assigner les œuvres à leur géographie d’origine ou à l’expression d’identités figées.
Affranchies de cette fonction représentative, les œuvres cessent de décrire le monde pour en structurer les conditions de reconfiguration. Elles forment un ensemble où leur résonance mutuelle naît d’une condition partagée, un sol commun sur lequel elles s’élèvent : la discontinuité.
On y croise les derniers jours d’un taureau de combat camarguais ; une mise en scène de la campagne d’Égypte de Napoléon ; des photographies d’un album de famille délaissées et décolorées par le soleil ; une couronne suspendue de corps enchevêtrés ; un instant de doute dans un cimetière libanais ; des sculptures oscillant entre vécu et mythologie ; les cicatrices d’une traversée possible ; et les Trente-Six Justes luttant pour maintenir l’équilibre.
À travers des récits fragmentés, des réactivations et des gestes spéculatifs, l’exposition interroge : qu’advient-il du sens de la mémoire et du savoir lorsque la continuité ne peut plus être présumée, lorsque le fil se rompt ?
Les œuvres s’accompagnent d’une composante discursive : la transcription d’une conversation chorale où les artistes déploient les processus de pensée à l’œuvre. Ce dialogue ancre cette relève méditerranéenne autant comme une contre-archive provisoire que comme une invitation à tenir ouverte la frontière du temps.
Avec
Oumayma Abouzid Souali
Anouch Basbous
Mounia Bouchra
Francesco Canova, lauréat diplômé des École(s) du Sud, diplômé et doctorant de l’ENSP
Noémie Cartailler-Combe
Alexia Croset
Houssem Harrak
Gil Lekh
Oualid Lazrak, lauréat de la rive Sud de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Liban) & assistant du Fablab et projets numériques à l’ENSP
Christina Maalouf
Oussama Mahdhi
Maëva Pillon
Achraf Saadi
Loutfi Souidi
Fella Tamzali
Amir Youssef
Exposition commissariée par Soukaina Aboulaoula
Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, une production Parallèle — Pratiques artistiques émergentes internationales avec les écoles membres du réseau L’école(s) du Sud et quatre partenaires de MIRAMAR – l’Académie Libanaise des Beaux-Arts, DARET, l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan et Les Ateliers Sauvages. Avec le soutien de l’Institut français, l’Institut français d’Algérie, l’Institut français du Maroc, l’Institut français du Liban, de la Drac PACA dans le cadre du programme Culture Pro et en coproduction avec la Friche la Belle de Mai.
Francesco Canova (1992) est scénariste, théoricien et photographe.
Il a obtenu une licence en philosophie à l’université de Padoue et il a travaillé de 2015 à 2019 en tant qu’assistant réalisateur et scénariste pour des courts et longs métrages. Le Prisonnier, pour lequel il a travaillé comme scénariste, a été présenté au Festival du Film de Venise.
En 2022, il est diplômé de l’École Nationale de la Photographie à Arles. Dans une autre vie, il aurait voulu être un détective ou un historien. Il est fasciné par la façon dont certaines histoires sont transmises par la tradition orale et comment elles se transforment avec le temps. En 2024, il a exposé aux Rencontres d’Arles et a obtenu une bourse de doctorat en Recherche et Création à l’ENSP d’Arles et à Aix-Marseille Université. Sa recherche porte sur la figure du détective métaphysique comme modèle d’enquête dans les relations texte-image. Il collabore aujourd’hui à un séminaire et un laboratoire à l’ENSP consacrés à l’économie iconique. Il participe régulièrement à des colloques et des séminaires, et a exposé son travail à Paris, Grenoble, Lausanne, Arles et Venise.
→Doctorant
→Instagram @fr.canova