EXPOSITION | À PREMIÈRE VUE

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EXPOSITION | À PREMIÈRE VUE

En 1982, l’École nationale supérieure de la photographie accueillait ses premiers étudiants.
37 ans plus tard, s’ouvre pour l’établissement une nouvelle aventure, en quittant le centre ancien d’Arles et l’hôtel particulier du 16 rue des Arènes, pour un bâtiment contemporain aux allures d’appareil photo, boulevard Victor Hugo.

Plus de 800 étudiants ont découvert, expérimenté, senti et ressenti la photographie jusque dans ses moindres recoins. Des nuits blanches passées dans la pénombre des laboratoires, aux heures studieuses dans la bibliothèque, des écoutes plus ou moins attentives dans l’auditorium, à tout ce qui se passe là où on ne le voit pas: bars, cafés, rues, appartements… Arles et l’ENSP ont offert le temps de quelques années le champ libre à ces jeunes artistes en devenir.

De ces diverses promotions, l’école a gardé des traces : photographies données ou fruits d’expositions collectives. Celles-ci constituent aujourd’hui un fonds de plus de mille œuvres. Depuis leur diplôme, beaucoup sont devenus artistes auteurs confirmés ou travaillent autour de la photographie : commissaire d’expositions, directeurs ou directrices d’institutions culturelles, iconographes, etc. et ces années d’insouciance étudiante peuvent sembler bien loin.

Pour cette deuxième collaboration avec le Festival Parallèle de jeune création internationale et la Librairie Maupetit qui fête ses 100 ans, est née l’envie d’aller jeter un œil dans les archives de l’ENSP pour retrouver leur “première photographie”.

La pratique argentique des années 1980 laissant la place à l’arrivée du numérique et des nouvelles possibilités technologiques dans les années 1990-2000 a influencé le rapport des étudiants et futurs diplômés de l’ENSP à la photographie et plus généralement à l’image, devenue encore plus malléable.

À première vue ne cherche pas à présenter un ensemble exhaustif des promotions sorties de l’ENSP mais souhaite offrir une aventure visuelle, un jeu de regards et d’inspirations revendiquées ou fortuites entre les œuvres présentées, une délectation à découvrir dans ces images des codes de prise de vue classiques ou des audaces photographiques de ces artistes, qui inventent alors un langage visuel, avec comme fil rouge la question de la présence et de la représentation de l’individu.

Qu’il pose ou qu’il passe, qu’il pense ou qu’il joue, qu’il sourit ou se cache, il est là. Cet ami, cet inconnu, cet amour, ou encore cet enfant rencontré lors d’une prise de vue en 1988 dont Valérie Jouve a su capter ce sourire cristallin, tissent le lien de cette exposition.

Au-delà d’une exposition de portraits, il s’agit davantage de celle de rencontres où chaque personne qui figure sur ces images a été, à un moment donné, la belle excuse pour une photographie.

Représenter l’autre ou soi-même questionne son rapport au corps, au geste, à l’espace mais aussi au temps, à la présence et donc à l’absence. Comme l’écrit Arnaud Claass “la photographie fige et peut donc montrer le monde tel qu’elle le trouve, ou tel qu’elle le reconstitue par une scénographie, ou bien tel qu’elle le synthétise”. C’est ce “ formidable pouvoir d’ostension de la photographie qui lui confère une présence incomparable”.
Qu’avez-vous fait de la photographie, 2012, p.37

L’autre se découvre au fil de cette exposition. Il apparaît comme une présence en suspens dans l’œuvre d’Olivier Metzger, une intimité presque étrange dans celles de Mylène Blanc, Caroline Chevallier ou Gilles Pourtier, un corps en mouvement figé par les infrarouge de
l’appareil de Rebecca Topakian, ou par Émilie Traverse. Puis l’autre se dévoile aussi dans la confiance qui se tisse entre le modèle et l’artiste et qui donne cette force aux portraits de Mathieu Pernot ou Pierre Even. L’autre offre aussi les promesses d’un voyage en partance de la Joliette chez Valérie Jouve, lors d’une nuit de mistral pour Jean-François Dalle-Rive, ou à l’arrière d’une voiture comme dans la photographie d’Eric Karsenty. Enfin le corps devient décor chez Guillaume Delleuse, Pierre Toussaint ou Anna Broujean, et joue l’humour avec Robin Lopvet.

Cette exposition est enfin l’occasion de célébrer avec sympathie et bienveillance la photographie française diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie. Qu’en soient remerciés les artistes présentés, qui pour certains ont re-découvert avec une sorte de bonheur proustien des images oubliées, ainsi que la Galerie Maupetit et le Festival Parallèle, qui ont fait preuve d’un bel enthousiasme dès les prémices du projet.

Exposition présentée du 17 janvier au 23 février 2019
à la Galerie de la Librairie Maupetit
142 La Cannebière, Marseille

Le festival Parallèle
La librairie Maupetit


Photo © Valérie Jouve

By |2019-01-24T11:11:24+00:00janvier 9th, 2019|ENSP|Commentaires fermés sur EXPOSITION | À PREMIÈRE VUE