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2 › 5 JUIN 2017 | Exposition Usage du temps 

L’exposition Usage du temps est présentée dans le cadre de Publications d’artistes,
à la Chapelle des pénitents blancs aux Baux-de-Provence du 2 au 5 juin.

Usage du temps est un projet de recherche initié par Nicolas Giraud au sein de l’ENSP.

Commissariat | Marie Constant, Jiayun Deng, Nicolas Giraud, Isabelle Ha Eav, Julie Hrncirova,Thomas Jezequel, Lucie Liabeuf, Mathilde Vieille-Grisard

Œuvre présentée | Claude Rutault, Les saisons (de la peinture à la gravure à la peinture…), 2002
10,5 x 15 cm, quatre cartes postales d’après la d/m 248

L’exposition présente les résultats d’une recherche sur les usages du temps. Elle est pensée comme un cabinet de lecture avec trois éléments; un poster, une documentation et une oeuvre. Pour chaque exposition la documentation est mise à jour, le poster montre l’architecture actualisée du projet et une oeuvre différente est présentée.

Il s’agit là de penser les différents usages que nous faisons de notre temps, à titre personnel autant que professionnel, entre le temps de travail et le temps dit libre. Comment l’emploi du temps détermine-t-il des écarts, des aller-retours, des définitions, l’idée par exemple d’un temps commun, l’idée que notre temps puisse être employé à des fins qui nous sont extérieures, à travers les notions d’efficacité, d’objectifs, de rentabilité.

Dans ces usages du temps, nous employons une quantité considérable d’outils et d’objets qui compliquent l’organisation des choses : L’argent dont on dit qu’il est du temps, mais dont la conversion n’est en rien évidente. La photographie dont la capacité à figer le temps reste relative, puisque comme le souligne Auguste Rodin, “…dans la réalité, le temps ne s’arrête pas.“ La possibilité d’une synchronie, celle par exemple de la pensée bouddhiste dans le temps de la méditation et l’expérience d’un arrêt du temps par une exacte coïncidence avec le rythme des choses. L’asynchronie, expérience plus commune et qui pose une multitude de problèmes quant à notre occupation du temps, une multitude de retards et de temporalités fragmentées qui nous renvoient à la tension constante entre le temps que nous expérimentons et les versions alternative que chacun élabore pour son propre usage. S’y ajoutent d’autres formes qui sont celles de la boucle, de la répétition ou de l’ennui, des temps vides, creux ou clos et qui peuvent être des pièges comme des refuges.

Le projet vise à esquisser un modèle d’usage, comme une sorte de manuel où convergent les propositions issues de différents champs.

 

12 AVRIL 2017 | Conférence + vernissage restitution du projet Usage du temps

Initié en 2016 « L’Usage du temps » est un projet de recherche sur l’emploi qui est fait du temps, notamment par les artistes de différentes disciplines.
Ce 12 avril marquera la première présentation des recherches, sous la forme d’une exposition dans les murs de la galerie Arena. Elle présente un premier état des recherches selon un dispositif déterminé: un cabinet de lecture comportant un poster, une œuvre et l’ensemble des recherches réunies dans trois classeurs.

Le vernissage de l’exposition sera précédé d’une conférence, à l’auditorium de l’ENSP, par l’écrivain Julien de Kerviler, sur le travail de Michel Butor et notamment son roman « L’emploi du temps ».

« L’Emploi du temps, c’est l’emploi par l’écriture de tous les temps qui décrivent nos égarements et nos trajectoires, la reconstitution forcément exponentielle de nos expéditions dans l’espace et dans le temps. Par conséquent, c’est une interrogation sur les pouvoirs et sur les limites du langage, qui ajoute une réalité supplémentaire à la réalité de nos solitudes et de nos souvenirs : la réalité elle-même de notre remémoration comme bulle spéculative qui explosera en oracle. Car l’interprétation de nos actes éloigne chaque jour davantage la cohérence et la cohésion de la vérité et devient l’intervalle psychique à l’intérieur duquel nous devenons quelqu’un d’autre, un singulier emploi de nous-même par lequel nous prononçons une autre vérité, à mi-chemin du passé et du présent, à mi-chemin de la trace et de la folie. Le roman pense l’écart entre l’espace et la pensée, dépense l’écart entre la vérité et l’analyse, mais il vaudrait mieux parler de la pénombre et des vagues, maintenant il vaudrait mieux parler des vagues la nuit qui recouvrent les pages. »

Julien de Kerviler est né en 1977. Il a enseigné pendant sept ans dans des universités chinoises, et publié deux romans aux Éditions de l’Ampoule. Désormais, il enseigne le français au lycée.

 

› Découvrez toutes les activités de recherche au sein de l’ENSP sur le carnet Hypothèse du CRAI (Centre de Recherche Art et Images)