LISETTA CARMI, Those with a Name to Come

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LISETTA CARMI, Those with a Name to Come

Lisetta Carmi
I travestiti, La Sissi et la Serenella, La Novia, 1965-1967
Genova-Porto, lo scarico dei fosfati, 1964
Ezra Pound, 1966
© Lisetta Carmi, courtesy Martini & Ronchetti

Lisetta Carmi, Those with a Name to Come est un projet pédagogique et curatorial conduit par les étudiants et équipes de l’ENSP en 2020, autour du travail de la photographe italienne Lisetta Carmi, née à Gênes en 1924. 

Pendant un an, l’équipe de commissaires a mené des recherches sur la période 1960-1979 durant laquelle Lisetta Carmi a oeuvré à créer un corpus et une archive saisissante.
Ensemble, ils ont rencontré, côtoyé et travaillé avec des professionnels, tels que Anne Cartier-Bresson, conservatrice générale du Patrimoine et directrice de l’ARCP; Giovanna Calvenzi, auteure et critique italienne ; Giovanni Battista Martini, responsable de l’Archive Lisetta Carmi ; ainsi que Juan Vicente Aliaga, professeur et critique d’art spécialiste en théorie du genre, accueillis à l’ENSP dans le cadre du cycle de conférences S’Exposer/Exposer dédié à la création de ce projet.
Grâce
 à ces espaces de rencontres et de dialogue, l‘équipe curatoriale a pu alors développer une réflexion collaborative et concertée. Elle propose ainsi, pour la première fois en France, un parcours au travers des 20 ans que Lisetta Carmi a consacré à la photographie.

L’exposition éponyme devait être présentée à l’ENSP dans le cadre du programme officiel des Rencontres d’Arles 2020, édition annulée en raison de la pandémie de Coronavirus.

Découvrez cette artiste et le regard que l’équipe curatoriale a porté sur son travail au travers d’une vidéo, mais aussi de la publication réalisée à cette occasion, hors-série de la revue Inframince, co-éditée par l’école avec les éditions Filigranes.

En 1960, Lisetta Carmi choisit d’abandonner sa carrière de pianiste pour s’emparer de la photographie. Elle participe alors aux mouvements contestataires de gauche, en réaction à la montée néo-fasciste et réactionnaire des années 1960. Inspirée par ce contexte, elle utilise l’appareil photographique comme un outil politique d’expérience et de partage avec celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance dans l’espace social du commun. Sa série I travestiti (1965-1972) notamment, dépeint avec douceur et complicité la vie d’une communauté transidentitaire de travestis dans l’ancien ghetto de Gênes. Pendant plusieurs années, Lisetta Carmi se lie d’amitié avec plusieurs personnes de ce groupe afin de connaître et de représenter à la fois leurs vies quotidienne et leur travail de prostitués. Cette série de photographies constitue l’un des premiers témoignages visuels sur un sujet dont les résonances contemporaines sont évidentes.

Son regard se pose également sur le monde ouvrier dans deux séries. La première, consacrée au port de Gênes (1964), capte l’intensité du corps à l’œuvre et sa rencontre avec celui, gigantesque et dévorant, de l’industrie portuaire. Son attention pour le monde des travailleurs apparaît aussi dans la série réalisée dans l’une des entreprises sidérurgiques les plus importantes d’Europe, Italsider (1962). 

Le projet se consacre également aux portraits du poète américain Ezra Pound (1966), alors reclus depuis des années dans le silence, conséquence de son inculpation pour sa pensée antisémite et son engagement fasciste. Ces portraits lui ont valu l’obtention du prix Niépce pour l’Italie. Elle photographie, en quelques instants, la solitude et le désespoir du poète politiquement égaré. 

Le travail de Lisetta Carmi rend ainsi visible, d’une façon à la fois poétique et politique, celles et ceux qui réclament d’urgence une communauté à venir et l’urgence de l’image de leur singularité.

Née en 1924 à Gênes, Italie.
Vit dans les Pouilles, Italie.

 Lisetta Carmi est une photographe italienne dont l’œuvre met en lumière les évolutions de la ville de Gênes à partir des années 1960.
Elle réalise différentes séries à la charge politique et sociale puissantes, parmi lesquelles la série
I travestiti, qu’elle publie en 1972 et dont la parution crée la controverse. Elle gagnera le deuxième prix du concours photographique de Fermo (IT) pour ce livre.
Son travail interroge avec empathie des thèmes comme l’identité, le travail, la ville.
Elle produit de nombreux portraits de personnalités tel que celui de Lucio Fontana, de Leonardo Sciascia, de Jacques Lacan, ou encore du poète Ezra Pound, dont elle saisit furtivement les traits en 1966.
Lisetta Carmi interrompt son activité de photographe en 1979 pour se consacrer à sa pratique spirituelle dans les Pouilles, où elle continue de résider à ce jour.

Portrait
Lisetta Carmi nel suo studio
, Cisternino, 2017 © Giovanni Battista Martini

Le catalogue

Contributeurs | Siouzie Albiach, Mariano Bocanegra, Alejandro León Cannock, Florence Cuschieri, Juliette George, Marta Gili, Giovanni Battista Martini, Audrey Mot, Fabien Vallos, Juliette Vignon

Co-édition | École nationale supérieure de la photographie, Arles / Éditions Filigranes
Parution | 16/07/2020
Collection | Inframince
Format | 170 x 240 mm
Version | Français
Broché, 135 photographies en bichromie et en couleurs, 112 pages
ISBN | 978-2-35046-512-8
Prix | 25 euros

Catalogue à découvrir en librairie ou sur le site des éditions Filigranes

By |2020-07-17T17:24:19+00:00juillet 13th, 2020|Conférences, ENSP, Événements, Expositions, Publications|Commentaires fermés sur LISETTA CARMI, Those with a Name to Come

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