L’Ecole nationale de la photographie propose une conférence de Samuel Bianchini intitulée « Pour une esthétique opérationnelle – Elaborer et expérimenter des dispositifs artistiques interactifs en contexte » dans le cadre d’Octobre numérique et en partenariat avec L’Upop – Université populaire et citoyenne du pays d’Arles.

Web, géolocalisation, jeu vidéo, réseaux sociaux, réalité augmentée, impression 3D, robotique domestique, etc. Si nos sociétés ont donné une place de plus en plus prégnante aux médias, depuis quelques décennies la nature de ces derniers a considérablement évolué : nos modes de représentation sont devenus également des modes opératoires.

L’informatique est partout à l’œuvre ; elle fait se conjuguer le symbolique, l’opératoire et même le tangible, les matériaux. À l’instar des images interactives, la représentation a lieu là où elle est activée, opérée. Dès lors, pour les arts, alors qu’il s’agissait de fixer des représentations, comme, par exemple, en les enregistrant, il faut maintenant organiser les conditions des opérations, qui éventuellement, pourront produire des représentations, en contexte. Ce qui est donné à apprécier n’est plus une œuvre déjà faite, mais une mise en œuvre et ce qui donne lieu à celle-ci, selon les circonstances. En s’appuyant sur ses recherches et créations sur les dispositifs interactifs et à l’aide de nombreux exemples, Samuel Bianchini exposera comment l’art se conjugue ainsi, aujourd’hui, au conditionnel et inaugure une esthétique opérationnelle. Comment penser et créer cette nouvelle disposition des œuvres qui n’oppose nullement contemplation et opération, et qui, au contraire, tend à concilier expérience esthétique, critique et pratique ?

Samuel Bianchini est artiste et enseignant-chercheur. Il vit et travaille à Paris. Ses œuvres sont régulièrement exposées en France et à l’étranger : Art Basel, Institut français de Tokyo, Stuk Art Center (Leuven), Centre Georges Pompidou (Paris), Deutsches Hygiene-Museum (Dresde), Musée national d’art contemporain d’Athènes, Jeu de Paume (Paris), Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM) à Karlsruhe, etc. Pour ses recherches qui interrogent en particulier l’incidence des dispositifs technologiques sur nos modes de représentation, nos nouvelles formes d’expériences esthétiques et nos organisations socio-politiques, il collabore avec des scientifiques et des laboratoires de recherche en ingénierie.

En relation étroite avec sa pratique artistique, Samuel Bianchini a entrepris un travail théorique qui donne lieu à de fréquentes publications : Éditions du Centre Pompidou, Éditions Jean-Michel Place, MIT Press, Analogues, Burozoïque, Hermes, Les presses du réel, Springer, etc. Après avoir soutenu sa thèse de doctorat au Palais de Tokyo avec une exposition personnelle, il est aujourd’hui enseignant-chercheur (Maître de conférences en Arts et Sciences de l’art) à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (Paris) où il dirige le programme de recherche Reflective Interaction (DiiP/EnsadLab) sur les dispositifs interactifs et performatifs.

École nationale supérieure de la photographie – 16 rue des Arènes
mercredi 7 octobre 2015
18h30-20h30
Renseignements : 04 90 99 33 33