CYCLE DE 3 CONFÉRENCES SUR LES « IMAGES DE CINÉMA(S) : PASSAGES » PAR NICOLAS FEODOROFF

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CYCLE DE 3 CONFÉRENCES SUR LES « IMAGES DE CINÉMA(S) : PASSAGES » PAR NICOLAS FEODOROFF

L’ENSP invite Nicolas Feodoroff – critique d’art et de cinéma – pour un cycle de conférences consacré aux « Images de cinéma(s) : passages ».

Ce qu’on nomme communément cinéma renvoie le plus souvent une pratique descriptive/narrative organisée selon la polarité documentaire/fiction. Nourrie de nombreux extraits, cette série d’interventions propose un parcours dans des formes d’une pratique de « cinéma » élargie à la notion d’images en mouvement au delà de cette polarité et aussi en dehors des questions de genres ou d’école. Il s’agit ici de nourrir une réflexion sur la pratique et le « commerce » des images en revenant sur trois moments clés : l’effervescence des avant-gardes dans les années 20 et 30, une pensée du réel et de l’expérience dans les années 50 et 60 et enfin, une extension de la forme-cinéma dans les années 60 et début 70.

La première conférence portera sur « les années 1920-1930 : hybridités, échanges et reprises par (re)montage/ assemblage/ collage » le 02/10.
Dans la grande effervescence politique et esthétique de ces années et leur foisonnement formel, ces pratiques tendent, selon des finalités souvent différentes, à opérer des glissements selon les médiums : photomontage, photo-collage, surimpressions… Ainsi alors que l’idée de cinéma s’instaure comme genre principalement narratif, quelques expériences de films-collage imposent des oeuvres majeures : Un chien andalou de Luís Buñuel avec Salvador Dalí, Ballet mécanique de Fernand Léger et Dudley Murphy, ou encore L’homme à la caméra de Dziga Vertov. Et d’autres pistes se dessinent, que ce soit avec le Soviétique Einsenstein qui réfléchit à la question du montage et du photogramme (voir sa contribution à la revue Documents) ou Joseph Cornell aux États-Unis qui introduit le remploi, le recyclage et le found footage, ou bien l’usage d’images animées en relation avec des objets trouvés.

La deuxième sur « les années 1950 : le cinéma comme expérience » aura lieu le 13/11. 
L’industrialisation de cinéma allant grandissant, on constate une forme de reflux des expérimentations engagées les années précédentes. Alors qu’un ancrage dans le réel dont témoigne le Néo réalisme prend forme, Maya Deren ou un peu plus tard Stan Brakhage aux États-Unis, Jean Rouch et le cinéma direct, renvoient aussi à leur manière à une réflexion sur la restitution d’une expérience au delà du geste de documentation. Ainsi Warhol dès le milieu des années 1960 pratiquera compulsivement le cinéma pour ensuite s’intéresser à l’enregistrement audio et à la photographie. Alors que l’apparition d’outils plus légers donne lieu à d’autres façons de faire, tels les journaux filmés de Mekas, le cut up de Burroughs, ce qu’amplifiera la vidéo.

La troisième et dernière intervention, intitulée « bords », est programmée le 11/12.  
Dans un même esprit que ces expériences, de nombreuses formes émergent. Détournement d’images dans le contexte de L’Internationale Situationniste, dont le parangon en reste Guy Debord et ses différents manifestes et dont l’ouvrage intitulé Contre le cinéma reste une lecture utile. Aussi nous verrons un autre aspect de la pratique du cinéma : l’essai filmiqueforme aux frontières indéfinies et mouvante comme son nom l’indique, qui à ses débuts explore les relations entre image, narration et texte. S’y déploient à des degrés divers, fiction, narration, documentation, investigation et approche réflexive sur les images. Et comme en écho, cela permettra d’esquisser aussi d’autres directions qui se déploient à partir du cinéma structurel de P. Adams Sitney ou de ce que Gene Youngblood désignera comme Expanded Cinema (1970), ouverture vers d’autres modes grâce à la video..

Nicolas Feodoroff  est critique d’art et de cinéma, programmateur au FIDMarseille depuis 2006, intervenant régulier en écoles d’art, il a été enseignant à l’Esba TALM (Anger) en 2012-2013, et est chargé de cours à l’ESADMM depuis 2017. Ses recherches portent autant sur les liens entre cinéma et art contemporain (chargé de programmation cinéma pour Le Pont, MAC, 2013, co-commissaire de l’exposition Ventriloquies : l’art dans le cinéma, le cinéma dans l’art, FID-Cnap, 2016, programmation au BAL, Paris, 2017, programme cours pour la MAC, Marseille) que sur les relectures de la notion d’archive (MuCEM 2017). A entrepris une thèse de doctorat sur les liens entre langage, cinéma et arts visuels.

Auditorium de l’ENSP de 18h à 20h

Entrée libre dans la limite des places disponibles

By |2018-10-05T14:28:58+00:00octobre 5th, 2018|Colloques, Conférences, ENSP, Événements|Commentaires fermés sur CYCLE DE 3 CONFÉRENCES SUR LES « IMAGES DE CINÉMA(S) : PASSAGES » PAR NICOLAS FEODOROFF